Communication
Communiquer, c’est être en contact, en relation avec une ou plusieurs autres personnes. La communication joue un rôle très important dans notre société et ce, depuis longtemps. Quand on communique avec quelqu’un, on lui transmet des informations ou on en reçoit. Si, dans les idées fixes, ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément (Boileau), ce n’est pas toujours le cas dans la pratique
. Ce chapitre explique, dans les grandes lignes, comment fonctionne la communication et en déduit les principales fonctions du langage. Repérer la ou les fonctions du langage mises en évidence dans un texte permet, la plupart du temps, d’identifier la fonction dominante d’un texte (raconter une histoire, tenter de nous persuader, décrire quelque chose de particulier, nous donner des conseils, etc). Et puis, n’oubliez pas que…
Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous avez envie d’entendre, ce que vous entendez, ce que vous comprenez… il y a dix possibilités qu’on ait des difficultés à communiquer. Mais essayons quand même…
[Bernard Werber]
Toute communication, qu’elle soit orale ou écrite, repose sur l’opération suivante:
| Quelqu’un [l’émetteur] produit un énoncé [le message] dont le contenu [le référent] est communiqué à quelqu’un d’autre [le récepteur] grâce à l’utilisation d’une langue commune [le code] et à un moyen de communication spécifique [le canal]. |
Verbal et non verbal
- Un message appartient au domaine du verbal lorsqu’il est transcrit par l’écriture ou par la parole.
- Un message appartient au domaine du non verbal lorsqu’il s’inscrit dans un sens implicite généralement forgé par la culture (gestuelle, regard, …) et qui n’est généré ni par l’écriture ni par la parole.
Parasites
Certains facteurs ou phénomènes peuvent venir altérer le sens du message que l’on veut faire passer :
- Les différences culturelles : dans certaines cultures, un même mot peut renvoyer à des référents différents (le mot « chercheur » signifie « cochon » dans le Bénin; si pour nous mettre le doigt sur la bouche revient à susciter le silence, les Somaliens voient ce geste comme un signe de menace).
- Un décalage dans les registres de langue : utiliser un registre trop soutenu, trop familier ou argotique peut générer des incompréhensions entre les locuteurs.
- Dans une prise de parole, si la voix est trop faible ou qu’il y du bruit, on peut ne pas comprendre son interlocuteur.
- Ce que l’on dit peut être contredit ou remis en question par notre attitude (par exemple, si vous affirmez une idée avec une expression du visage douteuse, on risque de ne pas vous croire).
- …
Les fonctions du langage
La fonction expressive
Elle est utilisée par l’émetteur pour informer le récepteur sur sa propre personnalité ou ses propres pensées et sentiments.
Marques linguistiques :
- pronoms personnels et possessifs de la 1ère p. sg (je, moi, me, le mien).
- modalisateurs qui expriment les sentiments de l’émetteur (adverbes).
- parfois, 1ère p. pl (nous, notre, le nôtre, …).
- déterminants possessifs de la 1ère p. sg (mon, ma, mes).
- interjections (Aie! Ouch! Ouf! …)
La fonction conative
L’émetteur tente que le récepteur agisse sur lui-même et s’influence. C’est évidemment une fonction privilégiée par l’argumentation, la publicité.
Marques linguistiques :
- pronoms personnels et possessifs de la 2ème p. sg (tu, toi, te, le tien).
- déterminants possessifs de la 2ème p. sg (ton, ta, tes).
- parfois, 2ère p. pl (vous, votre, le vôtre, …).
- impératif présent.
- connecteurs logiques
La fonction référentielle
Elle correspond aux informations objectives contenues dans les messages (= sujet du message). Cette fonction correspond à la fonction d’informer, d’expliquer.
Marques linguistiques :
- pronoms personnels de la 3ème p. sg et pl (il, elle, ils, elles, les, eux) è le locuteur s’efface !
- déterminants possessifs de la 3ème p. (son, a, ses).
- temps de l’indicatif et parfois du subjonctif.
- dates, chiffres, descriptions, …
- connecteurs logiques
La fonction poétique
Le message est l’énoncé du contenu des informations que l’émetteur transmet au récepteur, l’objet de la communication. La fonction poétique porte sur le contenu de l’énoncé et met l’accent sur la forme du message. Cette fonction permet de faire du message un objet esthétique et est très répandue en poésie, par exemple.
Marques linguistiques :
- jeux de mots.
- figures de style.
La fonction métalinguistique
Le code, c’est le système de signes communs entre l’émetteur et le récepteur qui permet la compréhension du message (ex : la langue française). Un manuel de grammaire ou un dictionnaire sont des ouvrages de métalinguistique (métalangage = langage qui décrit une langue). Ils utilisent un langage pour décrire et expliquer ce même langage ou un autre langage. Exemples : « 日本語, c’est du japonais », « le verbe manger est un verbe du 1er groupe », …
La fonction phatique
Le canal est la voie de communication, le lien physique entre l’émetteur et le récepteur. À l’écrit, c’est le papier, l’écriture (livre, journal, etc.). A l’oral, c’est la voix, la parole, les gestes. La fonction phatique est utilisée pour établir, maintenir ou interrompre le contact physique et psychologique avec le récepteur. Cette fonction est souvent utilisée à l’oral.
Marques linguistiques :
- phatèmes (euh, allô, tu vois ? tu comprends ? tu sais…, hein oui ?, …).
- signes et gestes.



